jeudi 7 juillet 2016

Je suis venue vous dire que je m'en vais

J'ai décidé de me séparer de The curvy and curly closet, des pitreries de Vanoue, de Vanouelicious, de Vanoue. 
Aujourd'hui j'ai décidé de repartir à zéro. Faire table rase du passé et prendre un nouveau départ. 

Je n'ai pas décidé cela en me réveillant ce matin. C'est une réflexion que je mène depuis plusieurs mois, un processus qui a pris du temps, et une décision murement réfléchie. 

Cela fait plusieurs semaines que je retarde le moment d'écrire ce billet. Celui qui met un terme à ce blog.

J'ai commencé à bloguer, il y a presque 9 ans, par hasard, au détour de cliques, par mimétisme. Je voyais des femmes rondes, certaines moins rondes que moi, d'autres plus rondes que moi, qui postaient leur tenue du jour en ligne, et qui souvent recueillaient des avis positifs. Je me suis alors lancée, sans trop savoir quoi attendre de cette aventure. J'ai commencé car j'avais cruellement manqué de bienveillance pendant toute une partie de ma vie, et ce que j'ai reçu en tenant mon blog va au delà des compliments, au delà du physique, au delà de l'idée qu'on se fait de la beauté. 

Je ne savais pas, le 22 octobre 2007 que j'entamais une thérapie pour moi, avec moi et au milieu d'inconnus, principalement des femmes.
Je me suis racontée au fil des semaines, des mois et des années à travers ce qui représentait pour moi une bataille continuelle contre le regard de l'autre. Je me suis racontée à travers mon corps, mon poids avec les vêtements comme prétexte qui m'ont menée à un état d'esprit que je découvrais après des dizaines de régime qui s'étaient tous soldés par des échecs : j'ai découvert l'acceptation de soi. En tous cas le chemin vers l'acceptation de soi.

Ce blog a été la première étape vers celle que je suis aujourd'hui. Vers Gaëlle Prudencio.
Vous l'avez sans doute remarqué si vous me suivez via les réseaux sociaux : Gaëlle Prudencio a pris la place de Vanoue ou encore Vanouelicious.

Je suis Gaëlle Prudencio.

Il en aura fallu des aventures pour arriver à cette conclusion. Que dis-je, cette renaissance !

Je m’appelle Gaëlle Prudencio. C’est le nom que je porte depuis la naissance et que je choisis aujourd’hui pour continuer à me raconter auprès de vous.

Je redeviens le sujet principal de ma vie et refuse de continuer à jouer le rôle de la grosse rigolote, toujours joviale, qui a toujours le mot pour rire dans le but de se faire apprécier. Je n'ai plus besoin de cela. Plus besoin de me cacher derrière l'image de celle qui ne se prend pas au sérieux pour se faire aimer. Vous savez quand on s'applique à se déformer pour se conformer à l'étiquette qu'on nous a collée.
Vanoue est toujours là dans un coin, j'éprouverai toujours de l'affection pour ce moi là et je suis fière de ce que j'ai réussi à accomplir toute seule en tant que Vanoue. Je ne la renierai jamais mais au milieu de tous ces pseudonymes, j’avais perdu mon identité. J’avais perdu de vue que je m’appelle Gaëlle Prudencio.

Aujourd’hui, je souhaite vous emmener à la rencontre de Gaëlle Prudencio. Cette femme que j’ai découvert récemment et qui me surprend un peu plus chaque jour avec sa sensibilité à fleur de peau, avec ses peurs qui parfois l'empêchent d'avancer mais surtout avec sa détermination.

J’ai réussi à me connecter et me réconcilier avec Gaëlle Prudencio. A me retrouver. A renouer avec  les raisons pour lesquelles j’ai commencé à partager mes écrits sur Internet. Je n'étais alors qu'une étudiante avec ses complexes qui avait déjà cette volonté de déplacer des montages.
Je voulais partager des moments de ma vie de jeune femme à l’étroit dans son corps, qui vivait un profond mal être et un désamour de son corps sans commune mesure.
Je voulais écrire, consigner quelque part mes états d’âme. Je le faisais déjà dans mon journal intime étant adolescente, mais avec internet je trouvais le moyen de laisser entrer des inconnus dans ma vie.

La mode n’est venue qu’après alors qu’elle a pourtant toujours été présente dans ma vie.
Présente depuis ce jour de mars 1995 où lors de l’enterrement de ma soeur dont le rêve était de devenir designer, son amie lui disait “ je garde l’espoir de m’habiller un jour avec la marque PRUDENCIO”.
J’avais 12 ans à l’époque. Ces mots raisonnent encore en moi aujourd’hui. Plus de 20 ans après je réalise que ces mots m’ont inconsciemment guidée dans mon parcours.
Je me suis perdue dans des études qui ne me plaisaient pas, dans une carrière qui ne me correspondait pas, puis un jour j’ai imaginé mon avenir autrement que celui que je construisais pas dépit.

Parler d’acceptation de soi, pour moi aujourd’hui ne réside plus dans l’aspect physique avec l’acceptation de ma taille, de ma pointure 43 et de mes cheveux naturels; l’acceptation de soi réside d’abord dans l’acceptation de son identité. Dans l’amour total de celle que je suis à savoir Gaëlle Prudencio.

Les anglophones disent “Embrace yourself”. C’est ce que je fais aujourd’hui. J’embrasse la femme entreprenante, la femme africaine et parisienne, le porte-voix en faveur du mouvement body positive que je suis. J’embrasse Gaëlle Prudencio.

Aller à la rencontre de soi. 


Je disais plus haut que je n'ai pas pris cette décision en me réveillant ce matin. Mon changement d'état d'esprit a réellement commencé en février 2015. 
J'ai pour la deuxième fois de ma vie poussé la porte du cabinet d'un psychothérapeute. Sans grande conviction pour tenter de comprendre la raison pour laquelle je souffrais depuis presque 8 ans d'une hyperthyroïdie dont je peinais à guérir.

Pourquoi ai-je décidé d'en parler publiquement ? Parce que cela fait partie de moi et qu'en tant que femme noire, en tant qu'africaine, c'est le genre de sujet tabou dont on a vraiment honte. Combien de personnes de notre communauté n'osent pas consulter un psy sous prétexte qu'il n'y a pas de dépression chez nous ? Sous prétexte que les problèmes se règlent en famille ? Sous prétexte que ce sont des histoires de blanc ? 
J'en parle car j'estime que demander de l'aide c'est faire preuve d'un amour inconditionnel pour soi. Parce que la parole libère. Elle libère tellement qu'aujourd'hui je suis suffisamment forte pour me détacher du passé, pour apprendre à pardonner, pour aller de l'avant. 
Alors ce n'est pas rose tous les jours hein. Il ne faut pas croire que se prendre certaines vérités en pleine face soit des plus agréable mais c'est nécessaire, nécessaire quand on veut creuser, quand on veut se frotter à soi. 
Suivre une thérapie m'a permis de prendre la décision qui s'imposait à moi depuis plusieurs années mais que je refusais d'accepter. J'ai enfin fait retirer ma thyroïde le 11 mai 2016. 
J'ai désormais une cicatrice qui fait partie de mon histoire et un traitement à vie. J'ai pris soin de moi. C'est finalement la première décision d'adulte que j'ai prise. La première décision en tant que Gaëlle Prudencio. Et vous savez pourquoi ? Parce que je ne peux pas conquérir le monde sans être en bonne santé. Sans être en accord avec moi. 

Et cette conquête du monde alors ? En quoi consiste-t-elle ? Eh bien toute la question est là. Vous pensez vraiment que je vais tout vous dévoiler maintenant ? 

Je vous ai dit que The curvy and curly closet s'arrête mais Gaëlle Prudencio elle est bien vivante. Bien présente sauf que pour mener à bien ma mission j'avais encore cette espèce de peur sournoise qui s'immisçait en moi, vous savez cette petite voix qui vous chuchote que vous n'y arriverez pas, que vous n'êtes pas capable. 
En discutant avec des femmes autour de moi, j'ai réalisé que je ne suis pas la seule à avoir la "volonté" mais à ne pas y arriver. A être comme enchaînée par moment. 
Alors j'ai de nouveau demandé de l'aide et cette fois-ci c'est sur le plan professionnel que j'ai demandé de l'aide. 
Je me suis rendu compte ces dernières années que j'apprécie certes d'avoir des collègues mais clairement je ne peux me résoudre à travailler pour faire fructifier l'entreprise d'un autre alors que j'ai moi-même des rêves pleins la tête sauf qu'il y a une phrase qui revenait souvent en moi : "je galère". "Je travaille, j'ai des idées, je crée mon entreprise, je prends des initiatives mais "je galère". Vous l'entendez cette voix aussi non ? 
Vous savez quand vous recherchez un emploi : vous demandez parfois de l'aide pour rédiger votre C.V, retravaillez votre lettre de motivation, repensez votre look, toutes ces choses qui vous permettent de mettre tous les atouts de votre côté. Comment cela se passe-t-il quand la personne à séduire c'est vous-même ? Quand l'entreprise en question c'est la votre ? Quand vous entreprenez dans l'industrie de la mode et de l'image ? Eh bien vous décidez de vous former. 

Je suis très enthousiaste à l'idée de vous faire découvrir cette formation, que dis-je cette transformation sur GAELLEPRUDENCIO.COM mais avant je tiens à vous remercier. 

Merci. Merci à toutes celles qui me suivent depuis si longtemps, à celles qui sont arrivées en cours de route, aux lectrices de l'ombre, celles qui commentent toujours mes billets, celles qui participent via les réseaux sociaux, celles qui répondent toujours présentes lorsque j'organise un évènement, quelqu'il soit. J'ai des noms qui me viennent à l'esprit mais je n'en citerai aucun car je ne voudrais pas en oublier. 
Très peu de personnes savent à quel point tenir un blog est bénéfique. Mon blog a été ma première thérapie et c'est en grande partie grâce à vous mes chères lectrices. 
Merci pour tous ces échanges, ces rencontres, vos mots. 
Merci à mes collègues blogueuses, notamment celles qui prennent part à l'aventure French Curves qui fêtera ses 3 ans dans quelques jours. Merci de m'avoir fait confiance et de partager ma vision du body positive. Je suis fière d'appartenir à cette communauté là aussi. 

Je vous donne désormais rendez-vous sur GAELLEPRUDENCIO.COM 

Affections, 
Gaëlle. 
Photo de Sekhmt